Human Flow

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Human Flow

par Véro

Grâce aux associations Jamais Sans Toit et LDH, j’ai assisté à la projection du documentaire de Ai Weiwei, « Human Flow », sorti en février 2018.

En y allant, j’avoue que je craignais de m’ennuyer en raison de la durée du film, 2h20, et d’avoir droit à ma dose d’images choquantes et misérabilistes. Mais finalement, le temps a passé sans que je m’en rende compte. Pourtant, au départ, j’ai eu du mal à entrer dans le film, en raison du mode de tournage, à la manière d’un patchwork d’images filmées à la caméra, au drone ou au téléphone ; alternance d’entretiens, d’images esthétiques ou de scènes de la vie quotidienne, soulignées par des explications ou des citations sous forme d’intertitres.

Les images et récits de ce documentaire ont été enregistrés dans 23 pays différents durant 3 années, pour s’achever en 2016. Ceci dans le but de nous faire voir ce que vivent les 65 millions de personnes contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre. Il s’agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ai Weiwei, qui habite à Berlin, est né de parents exilés, ce qui l’a incité à s’intéresser aux migrants et à se rendre en Grèce pour assister à l’accueil des migrants. Il raconte : « C’était une expérience très intime que de voir débarquer des bateaux enfants, femmes et personnes âgées. Je voyais dans leur regard un vrai désarroi. Ils étaient terrorisés et ne savaient pas du tout à quoi s’attendre dans ce pays. C’est ce qui, plus encore, m’a poussé à en savoir davantage sur qui sont ces gens et pourquoi ils risquent leur vie en venant dans un pays dont ils ne connaissent pas les codes et où personne ne les comprend. J’avais énormément d’interrogations. C’est cette curiosité qui m’a incité à mettre en place une importante équipe de chercheurs pour étudier l’histoire des réfugiés et leur situation actuelle. En dehors de la guerre en Syrie, l’existence des migrants est née des guerres en Irak et en Afghanistan, du conflit israélo-palestinien, des différents conflits africains, de la persécution des groupes minoritaires au Myanmar et de la violence en Amérique centrale. »

Durant le film, j’ai fait un rapide calcul, pensant à ceux qui parlent « d’invasion » alors que la France accueille moins d’émigrés qu’annoncé : la population française était de 67 186 638 habitants au 1er janvier 2018 et il y a eu 65 millions d’émigrés soit la population française. Imaginez si nous devions tous partir pour nous retrouver au pied d’un mur infranchissable ! Et ces murs se multiplient ; à ce sujet consulter la carte des « 65 murs construits et planifiés, soit 40.000 km de long, ou la circonférence de la Terre » sur le site de France Culture.

Or la France n’a délivré que 262 000 titres de séjour en 2017  alors qu’entre 2015 et 2016, plus de 2,5 millions de personnes ont demandé l’asile dans l’Union européenne. Nous aurions largement pu les accueillir. C’est la seule solution en attendant un monde idéal qui n’obligerait pas les personnes à quitter leur pays.

Sources :

www.europarl.europa.eu :http://bit.ly/2JLziKm

France Culture : http://bit.ly/2l67anz

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